Trombinoscope (Ancien Modele)

Les Avants -/- Les Arrières

 

Après plusieurs années d’un travail acharné de recherche, la cellule « haute technologie » de notre département « renseignements généraux » est enfin parvenue à pénétrer le fichier informatique que la FFR consacre aux XV Mercenaires E. Nous soupçonnions depuis plusieurs années la crainte, la jalousie, voire la concupiscence, dont nous étions l’objet. Ce que nous avons découvert, néanmoins, relègue la Stasi et le KGB au rang d’une police municipale de hameau rural. Quelle ne fut pas notre surprise, en effet, de constater que l’ordinateur central de l’autorité suprême abritait, non un fichier, mais un fichage en règle de nos forces vives. Tout y est : photo, pedigree, caractéristiques principales, le tout agrémenté d’un surnom mnémotechnique de la pire facture. Le doute n’est plus permis : nous voici dans le collimateur d’un monde hostile, tout entier voué à la cause de notre disparition. Après ça, nous ne vivrons jamais plus comme avant : il est temps d’héberger vos enfants chez leur grand-mère et de coder vos conversations téléphoniques. Dans ce climat délétère, toute défection sera, je vous l’assure, comprise. Mais si le sens de la lutte et de l’honneur a encore un sens, au cœur du rugby idéologique, nous combattrons jusqu’au dernier souffle pour rétablir notre droit à la dignité, voire à cet anonymat auquel notre talent, c’est vrai, ne nous prédestine pas.

La cellule « communication » de notre département de renseignements généraux a donc décidé de laisser le scandale éclater au grand jour. Le monde ébahi découvrira bientôt le terrorisme dont notre séculaire confrérie est aujourd’hui la cible. En exclusivité, voici un extrait de ce qu’il faut bien désigner, maintenant, du nom de « Mercenairegate » :

 

Les Avants

 

SICARD Xavier alias « Cannibal Holocaust ». Pilier. Sous ses airs gouailleurs et débonnaires, l’homme est fondamentalement attiré par la chair et le sang. Son faciès éructant et sa dentition carnassière révèlent un goût irrépressible pour le massacre et l’extermination. Pathologique.
VADON Renaud alias « Moby Dick ». Pilier. Un casier judiciaire gros comme l’annuaire. On ne compte plus ses méfaits. A première vue, sa boulimie maladive et son radotage sénile en font un second couteau de la criminalité rugbystique. Que l’on y prenne garde : l’énergumène demeure une sorte d’apôtre de la malfaisance, aussi assidûment cruel que gratuitement ignoble. Très dangereux.
DORNBUSCH David alias « Dornbusch ». Pilier. Son surnom glauquissime donne une idée du personnage. Son seul plaisir dans la vie : asphyxier, piétiner, arracher. Le tout avec une sorte de sadisme satisfait parfaitement abject. Un monstre
MIREBEAU Franck alias « Le Nettoyeur ». Pilier. Et un havre de plus, un ! Mais un havre de guerre, en l’occurrence, une arme de destruction massive, quelque chose entre la Bombe de Javel hyper-concentrée et le missile de chaux vive… Ce chasseur d’impuretés consacre le gros de son énergie à éclaircir les regroupements. Sa technique est limpide, les résultats qu’il obtient, sans équivoque : autour du ballon, l’adversaire n’est désirable que lorsqu’il est inactif et couché, telle une quille après un « strike »… Le meilleur moyen de convertir l’ennemi à cette exigence de clarté ? L’abattre. Un Perfectionniste.
CHOVIN Clément alias « l'Albanais ». Pilier. L’un des rares moins que trentenaires de la secte, d’une imagination débordante et dont le goût pour l’ignominie semble particulièrement difficile à contenir. L’énergumène donne dans la malfaisance incontinente ; il n’est aucun forfait dont il réfute a priori l’idée. De charges invalidantes en écartèlements sanguinaires, il anéantit, bien sûr, comme les autres. De pastis récurrents en fraîches chopes de bière, il boit, bien sûr, comme les autres. Comme les autres, il ne respecte rien, sinon la ténébreuse sanction du fernet de Damoclès qui pèse sur toutes les âmes mercenariales. Mais de là à pousser le vice jusqu’à « fournir » en serveuses sexy et autres « escort girls », les orgies rituelles dont les Caves le Chapelais servent épisodiquement de Temple païen, il y a un pas que lui seul pouvait franchir… Un proxénète.
DELEAU Sébastien alias « Buster Keaton ». Pilier. Frais comme le matin, souriant tel un clown burlesque, le voici, le voilà, près de vous, loin de moi, exécutant sa danse, sans souci ni tracas. Il semble porté par un vent d’insouciance, tel un enfant barbu dont les rires et les jeux demeureraient le Monde. Loin, lové sur lui-même mais ici bas pourtant, en voici un qui, comme quelques autres, semble sympathique. Comme quelques autres, en effet. Comme un scorpion cachant son dard dans le sable. Comme un démon grimé en ange bienfaiteur. Soyez sans illusion : il vous hait, il vous méprise. Sidérant.
PELFRESNE Raphaël alias « Sitting Bull ». Pilier. S’il avait été donné à un chef sioux de rencontrer une Amazone des hautes contrées germaniques, cela aurait donné lui. Ou plutôt « ça ». Ce métaphorique descendant de grand Manitou a le verbe pédagogique et l’allure posée des grands sages, du moins quand il est à jeun. Car, tel ses ancêtres imaginaires, l’alcool frelaté le corrompt… Mais lorsque son cri de guerre déchire la plaine aride, c’est pour sonner la charge d’un troupeau de bisons et découper le vent d’un tomahawk vengeur. Et si la résistance s’organise, le grand guerrier sait user de toutes les ruses de sioux pour appeler du renfort. Les codes se succèdent, les cris d’animaux aussi. De l’aboiement du coyote au rugissement du puma, tout est bon pour rallier les siens à sa cause et les Autres à leur perte. Jusqu’à ce que le silence, enfin, ait rhabillé la plaine et que la mort ait rassasié les vautours. Un barbare.
WINTERSTEIN Stéphane alias « The Priest ». Pilier. Son rictus aimable de jeune homme bien sous tout rapport ne doit pas tromper : chacune de ses interventions sonne comme une marche funèbre, annonçant l’inhumation de l’adversaire. Sentencieux dans le crime, fatal dans l’intention. Redoutable
L’AOT Gaël alias « R2D2 ». Première ou troisième ligne. L’humanité du personnage est un sujet de troisième cycle en faculté de théologie. Phénoménalement n’importe quoi, son ardeur à la mine n’a d’égale qu’une créativité redoutée en dehors du terrain, sans même évoquer ses encyclopédiques obsessions ou sa fascination névrotique pour le pinaillage grammatico- arithmétique. Un alien.
JEANBART Bruno alias « Mr Alfred ». Talonneur. L’indéboulonnable trésorier de la secte. L’empire mafieux qu’il a su constituer, son carnet d’adresses, aussi, en font l’un des criminels en col blanc les plus redoutés de la planète folklo. L’égal d’un Capone ou d’un Luciano. Un cerveau.
QUEINNEC Gaël alias « Incubus ». Talonneur. Le frère de l’Autre (décidément…). Quoique en la circonstance, les certitudes ne soient pas de mise, il se murmure qu’avec un certain « Moby Dick », il serait l’instigateur du fléau. Que le concept d’une aussi incoercible bande de ravagés soit né dans un cerveau de facture humaine dépasse évidemment tout ce qu’un Prix Nobel d’intelligence artificielle aurait pu prétendre imaginer. Particulièrement recherché, il semble qu’il se soit terré de longues années dans un bunker brésilien, d’où il tira de nombreuses ficelles et parvint même à convertir la Baie de Rio à l’ignominie de son Message. Métaphysique de la dévastation.
THIBAUDON Benoît alias « Forest Gump ». Talonneur. La psychiatrie contemporaine ne dispose pas de catégorie thérapeutique correspondant à son cas. Il court, souvent, partout, là où il peut, là où ne sont pas les autres. Cette quête de liberté finit par épuiser la concentration de l’adversaire jusqu’à ouvrir les brèches béantes dans lesquelles notre grand malade s’engouffre avec insouciance, jusqu’à ce que mort s’ensuive. Frénétique.
CHAILLOUX Olivier alias « La Crampe ». Deuxième ligne. Son faciès de laboratoire est en soi une signature. Ses bras tentaculaires annoncent l’anéantissement et la dévastation. Amputé du cerveau dès la naissance, l’homme ne trimbale sa silhouette dégingandée que dans l’espoir d’un score à aggraver. Vol au dessus d’un nid de coucous
GIRARD Pierre-Yves alias « Gargantua ». Deuxième ligne. Le chef de file d’une odieuse filière de Mercenaires Clermontois, plus connue sous le nom de Gorettons. S’il n’est pas étonnant que les XV Mercenaires soient parvenus à trouver, dans cette obscure contrée, le relais opiniâtre de leur obsessionnelle quête d’extermination, l’assiduité, le zèle et le dévouement de cette « auvergnat connection » ne laissent plus à l’adversaire que l’espoir insensé de mourir sans crier. C’est, en outre, dans la démesure d’une indécente ripaille et à raison d’un fût rituel de bière par ennemi désossé, que l’énergumène célèbre bruyamment ses méfaits. Heureusement pour l’Empire Romain, cet Arverne là cuvait son vin lorsqu’Alésia fut prise. Et s’ils l’avaient connu, aucun Viking n’aurait plus jamais vécu dans l’ignorance de la peur. Un Cauchemar.
BARBIER Jean-Baptiste alias « Spiderman ». Deuxième ligne. Le pré ovalien constitue sa toile, l’adversaire, sa victime. Une sorte de machine à tuer, frénétiquement ambulante, ne connaissant aucun répit. Ses courses bioniques laminent l’adversaire au point de ne plus en laisser que d’asthmatiques réminiscences. Une menace pour l’équilibre écologique. Arachnéen.
PAGOT Jean-Philippe alias «Volcano » . Deuxième ligne. Si l’homme cultive une sorte de nonchalance sarcastique, ce n’est que pour mieux épancher sa fureur torrentielle sur le pré ovalien. De son passage, ne subsistent que des pleurs et des cendres, ceux des impudents qui osent défier la confrérie. Cataclysmique.
CARPENTIER Geoffrey alias « The Soldier ». Deuxième ligne. De prime abord, il semble frais émoulu de West Point et pratique le combat avec la fine élégance d’un hussard romanesque. En vérité, il est fanatiquement dévoué à la cause de sa confrérie, prêt à mourir les armes à la main et la besace gorgée de scalps chauds et sanguinolents. Un fanatique.
RAISSON Thibaud alias « Gulf Stream ». Deuxième ligne. Il est là où on ne l’attend pas et se dérobe là où on l’espérait. Souriant, musical, même, il est tel le vent, insaisissable et libre. Mais un vent chargé de bactéries criminelles et d’impitoyables scories. Absolument dépourvu de toute forme de conscience, l’homme ne prend plaisir qu’à penser les blessures et achever les blessés. Infect.
CARTIGNY Daniel alias « Gengis Khan ». Deuxième ligne. Son projet de jeu pourrait se résumer à la devise suivante : « pourquoi faire la guerre quand on peut jouer au rugby ? ». Tel Dr Jekyll, sa courtoisie placide cède la place à une folle envie de viande froide, sitôt le seuil du vestiaire franchi. Il saute sur les ballons aussi goulûment que sur les adversaires, étripe, broie, s’empare. Les Conventions de Genève ne l’avaient pas prévu. Un exterminateur.
GOT Stéphane alias « Maître Ioda ». Deuxième ou troisième ligne. Que cet énergumène à l’équilibre psychologique improbable soit le chef spirituel d’une récente et toxique filière havraise en dit long sur l’état de décérébration de la confrérie Mercenariale. Jamais à court d’idées lorsqu’il s’agit d’imposer sa Loi aux équipes adverses, il donne plus particulièrement dans le terrorisme écologique. Son dada ? L’effet de serres. Celles dont il se sert pour déchiqueter ses victimes et n’en laisser que d’indigestes lambeaux. Une Nuisance.
DE L’ISLE Thibaud alias « Jean-Paul ». Deuxième ou troisième ligne. Encore l’un des très grands anciens de la secte. Ce jeune homme dégingandé cultive le paradoxe d’un prime abord recommandable. Mieux, ses convictions religieuses en font une sorte d’hérétique institutionnel, une exception convenue, un trublion lunaire, un peu en dehors et toujours en plein dans le match. Rassurant ? En son temps, une obscure guérilla péruvienne se fit connaître par sa théologie de la Libération, cocktail aussi tonique que rafraîchissant de christianisme révolutionnaire et de marxisme orthodoxe. Que donne donc l’hybridation du rugby idéologique et de la Sainte Trinité ? Cela ne donne que lui, un ange exterminateur, jubilant à l’idée d’administrer le péché et la rédemption, le meurtre et son pardon. La prière qu’il préfère est celle des derniers sacrements. Un Pervers.
MYLONAS Hervé alias « Godzilla » . Troisième ligne. Le genre d’individu que l’on souhaite ne même pas rencontrer dans un jeu vidéo.  Au son de sa lourde démarche, les chiens méchants creusent un trou sous leur niche et les enfants font soudain leurs devoirs. Son inconcevable faciès de gitan buriné, ses aboiements féroces, son énergie destructrice… On jurerait une prouesse technologique tant cette créature là semble adaptée au profil général de la confrérie qui l’accueille. Une abjection. 
MITANCHEZ Thibaud alias « Hollow Man ». Troisième ligne. Celui-ci demeure un mystère, un de ces personnages de légende dont on invoque le souvenir pour assagir les enfants. Car nul ne sait vraiment s’il existe. Vous le cherchez dans le vestiaire d’avant-match ? Il n’est pas là. Vous le guettez au coup d’envoi ? Il n’est pas arrivé. Vous le croyez lavé du sang des braves, une fois la boucherie terminée ? Il est déjà parti. Il est tel une ombre, tel un bruit qu’on devine et qui se laisse oublier, sans avant, ni après. Et pendant ? Demandez aux adversaires, eux savent l’identifier. C’est qu’il n’apparaît que quand la faim le tenaille et la douleur des autres reste son mets favori. Sitôt rassasié, il rentre s’assoupir. Il réapparaîtra peut-être, bientôt, lors du prochain combat. Tel un mal  fugitif, une angoisse versatile. Tel un Epouvantail qui tuerait les oiseaux. Songe d’une nuit d’été.
GIRARD Jean-Michel alias « Simply Epouvantable ». Troisième ligne. Le frère de l’autre. Celui-ci naquit hélas profondément handicapé par une gigantesque fêlure au crâne et l’on raconte que la sage-femme chargée de l’accoucher confondit son cerveau gisant avec une éponge… Au Panthéon des abjections de l’Histoire humaine, il fait passer Jack l’Eventreur pour un philosophe des Lumières. Entre deux séances de dépeçage, l’individu court, parfois, seul et vide, pour ne pas perdre la main. Son inhumanité semblerait totale s’il n’exhibait toutefois une curieuse affection à l’endroit des jeunes hommes vêtus de simili cuir… De manipulation délicate, cette pure arme de guerre a décidément d’étranges réactions ; ses problèmes d’insertion sociale commencèrent lorsqu’il égorgea la maîtresse d’école qui tentait de lui apprendre l’alphabet (il avait déjà quinze ans). « A » entendit-il alors… A… A comme « Agression », A comme « Attaque ». A comme le râle souffreteux de sa victime. A comme Animal.
BOISOT Vincent alias « United Colors of Spiritueux ». Troisième ligne. Un visage de dandy affable, un mental friable, il y a chez cet individu complexe comme un espoir à envisager, une faiblesse apparente dans la cuirasse. Mais l’homme est un Mercenaire et contre les Mercenaires, l’espoir ne dure jamais longtemps. Guettez ses hésitations, il vous offrira son corps en rempart, envisagez la brèche, il vous désossera d’un placage fatal. Il n’en a pas l’air mais il est comme les autres. Une maladie.
RIVALLANT Julien alias «Gavroche ». Troisième ligne. Tous ceux qui militent en faveur du rétablissement de l’enseignement civique pourront s’inspirer de son exemple. Délaissé par l’école républicaine, le jeune homme au mental vacillant a été, en quelque sorte, récupéré puis élevé par les apôtres du rugby idéologique. Il en résulte aujourd’hui un enfant-tueur, totalement dépourvu de tout discernement moral. QHS.
KIREMIDJIAN Patrick alias « Duracell ». Troisième ligne. Une sorte de monomaniaque du rentre-dedans. L’opiniâtreté de ses charges de bulldozer survitaminé témoigne d’une sauvagerie primitive tout à fait hors de contrôle. Il représente à lui seul une sorte de défi conceptuel à la civilisation. Néanderthalien.
HAVET Lionel alias « Yoyo ». Troisième ligne. Ce vieux flibustier des campagnes mercenariales aime l’odeur des galions et le parfum de l’iode. Rien ne l’épanouit tant que les jours de départ et le tocsin des conquêtes. La conversion d’une partie non négligeable de l’Europe à l’idéal nauséeux de sa confrérie lui doit assurément beaucoup. Et comme il ne refuse jamais de tremper sa barbe épaisse dans un tonneau de rhum des îles, il paraît convivial à l’étranger naïf. Prends garde, autochtone confiant, tu obstrues son champ visuel ! Et ce n’est qu’une fois enterré dans le sable que tu le réconcilieras avec le spectacle de l’horizon. Un poète ? Non, un Fossoyeur.
EUSTACHE Rodolphe alias « La Murène ». Troisième ligne. Celui là sait tout faire : infiltrer l’ennemi, harceler ses stratèges, placer une terrible accélération, endiguer une charge. Un reptile marin, ondoyant et discret, prédateur impitoyable mais bien élevé, qui paraîtrait presque attachant s’il n’était un Mercenaire ; une tendance à l’humilité, à la remise en question, quelque chose de tendre semble émaner de lui. Vous guettez les câlins ? Approchez le et partagez un peu de son apparente fragilité. Il saura vous attendrir, vous verrez. Car il n’aime la viande que lorsqu’elle fond sous la dent et la chair que vous exhibez saura combler son appétit d’hémoglobine. Un chef cuisiner.
MOLINIE Laurent alias « Pinocchio ». Troisième ligne ou trois quart centre. Il était une fois un jeune homme au physique impressionnant qui, se perdant en chemin, tomba dans l’escarcelle du rugby idéologique et n’en revint jamais. Bref, une âme perdue de plus, devenue machine à écharper et à détruire. Et lorsqu’on lui demande « combien d’adversaires as tu anéanti aujourd’hui ? », la conceptualisation du nombre qu’il propose exige une visualisation sur écran numérique extra plat. Et pourtant, son nez ne s’allonge jamais. Une fée saura t-elle le rendre à sa famille ? Nul besoin, la famille en question est toute trouvée. Plus du genre colonie de termites que vieux charpentier mais enfin, à ce conte là, ce n’est pas faire offense. Fantasmagorique.
CARLIEZ Nicolas alias « Obi Wan ». Troisième ligne. Ce jeune guerrier Jedi est animé d’un sens inné de la Justice Mercenariale. Qu’une créature autre que violacée-grisâtre (ton sur ton) s’approche des sécateurs qui lui servent de membres supérieurs, il la découpera inexorablement. Qu’une brèche éventre le rempart de vaisseaux interdisant la ligne adverse, il s’y engouffrera sur le champ. La Force est son alliée et la victoire, sa quête. Et le tout sans jamais dégainer son sabre laser, dont il réserve l’usage à son épouse. Un Exemple.
PAGOT Christophe alias « La Taupe ». Troisième ligne. Une sorte de fauve robotique, silencieux et froid, concentré sur ses basses œuvres de pilonnage au sol et de raid aux quatre vents du large. Pour ce chasseur infatigable, le pré est partout un lieu d’embuscades. Il jaillit de nulle part, tel un commando d’élite, puis porte l’estocade. S’il est de bonne humeur, peut-être vous laissera t-il les yeux, pour pleurer. Rien d’autre, rien de plus. Définitif.
TURLAN Cédric alias « La pieuvre ». Talonneur ou demi de mêlée. Son physique difficile de séducteur paradoxal lui donne l’air de pas grand chose, voire de rien du tout. Tout semble anodin chez cet énergumène au sourire benêt et au verbe prolifique. Et pourtant, derrière ses courses inoffensives de calamar boiteux, se cache un cornac hypnotique, un destructeur discret dont les tentaculaires étreintes finissent par transformer l’adversaire en une moite flaque de gadoue. Vous ne vous méfiez pas ? Vous n’existez déjà plus. Sournois.  
CHAILLOUX Alex alias « Donatello ». Le frère de l’autre, pour pas changer. Peut jouer n’importe où et surtout là où ce n’est pas nécessaire. Si vous doutez encore, regardez le bien et vous aurez compris. Cette chose étrange fut des premiers combats et de bien d’autres ensuite. Il n’en subsiste que ce que vous voyez là : une sorte de déchet transgénique auquel on aurait greffé un clone de protozoaire mutant pour faire office de centre de commande neuronal. N’est aujourd’hui plus capable de rien sauf du pire, puisque le pire il créa. Phobique.

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Les Arrières

 

HOURDIN Franck alias « Pégase ». Demi d’ouverture. Foncièrement vicieux. L’homme aime travailler à l’arme blanche. Son hédonisme malade le conduit à jouir du viol qu’il inflige inlassablement à la fierté de l’adversaire, aidé de ses crampons ailés et des ergots acérés dont il les équipe, tel un char de cirque romain. Un serial killer.
DARBAS Denis alias « The Surgeon ». Centre. L’homme joue de la balle comme on joue d’un scalpel. Ses feintes et ses coups de pied dévitalisent progressivement l’adversaire, le rendant à l’état de cadavre décérébré. Sa démarche est impassible, sa quête, silencieuse. Chirurgical
HENRIC Jeff alias « Little big man ». Centre. Jusqu’à nouvel ordre, le n°1 de la funeste confrérie. Au sein de cette tribu de boîtes crâniennes ravagées, l’homme ferait presque figure de sage, tant son ton mesuré semble de nature à apaiser les meurtrières angoisses de ses coéquipiers. Ne vous y trompez pas : dans les recoins salivaires de sa bave présidentielle, prospèrent les scories de la haine. Ses placages n’ont d’autre but que d’étoffer la galerie de cadavres dont il se sert pour décorer les murs de son salon. Un collectionneur.
QUEINNEC Erwan alias « the Brain ». Centre. Comploteur à l’idéologie des plus tordues et à la verve aussi affûtée qu'un rasoir mach 3 neuf. Sous  son allure inoffensive de vieil étalon boiteux au crin de nacre se cache un affreux que de longues années de combats sur des théâtres d'opérations secondaires(Angola, Mozambique) ont transformé en féroce amateur de chair fraîche. Hannibal Lecter.
BRECHET Jérôme alias « le Menhir ». Centre. Encore un curieux exemplaire d’humanité. Avant d’intégrer une confrérie à laquelle sa disposition pour la malfaisance semblait le prédestiner, l’individu n’a longtemps vivoté que sur la base de petits boulots particulièrement ingrats. Son métier de base : cible de crash test pour l’industrie automobile. Plus robuste qu’un mur de parpaing, sa contribution à la fiabilité des véhicules restera gravée dans les annales du progrès technologique. Reconverti dans le rugby idéologique, il semble maintenant aimanter les adversaires, lesquels se cognent inexorablement sur lui et en perdent toute conscience. Un matériau.
REGNIER Arnaud alias « Placide ». Centre. Influençable et sensible, il s’agit d’un nouveau venu dans la confrérie, l’un de ceux auxquels l’on accorderait un vague sentiment d’humanité si on ne le savait irrémédiablement condamné par les fréquentations qu’il cultive. Sera bientôt programmé pour tuer. Un pittbull en gestation
LAPIERRE Gilles alias « Arlequin ». Centre ou ailier. Un curieux personnage, d’apparence frêle, voire civilisée. Son goût relatif pour l’alliage chromatique de la bannière mercenariale voire, une subtile tendance à la contestation (par souci de pudeur, nous passons sous silence le sort, sans équivalent dans l’Histoire de la torture et de la répression, que les XV Mercenaires réservent à leurs « délinquants »…) lui autorisent une sorte d’attitude « borderline » savamment dosée.  Bref, le profil-type d’une cible d’infiltration pour le contre-espionnage. Vous comptez pactiser avec lui ? Le Diable est un allié plus sûr. Lorsque l’action de ses jambes ne vous aura donné que le droit de le regarder courir et que son étreinte défensive vous aura défoncé le thorax, votre détresse sera à la mesure de votre déception. Faustien.
NICOL Georges alias « H Bomb ». AIier. Son mépris systématique des règles et des usages en font une sorte de dandy incontrôlable, dangereusement imprévisible : l’homme ne peut réprimer une créativité débordante dans l’atrocité. Même ses compagnons le craignent. Sulfureux.
GUILLON Yaël alias « The Joker ». Ailier. Un dangereux psychopathe, signant ses crimes d’une sorte de rictus de figue éclatée parfaitement immonde. Il est de la race de ces criminels qui ne distinguent pas les combattants des populations civiles ; sans préavis ni sommation, l’homme plante sa foulée dans l’en-but adverse, fusille, exécute et enterre. Une plaie.
LEMENAGER Jérôme alias « Landru ». Ailier. Derrière ses petites lunettes et sa voix posée, se cachent la démence la plus aboutie, une folie génocidaire de nature sacerdotale. Pour lui, le meurtre est une épuration, la douleur, une formalité. Il anéantit le matin et couche paisiblement ses enfants le soir. Une sorte de bureaucrate du crime, glacial et procédurier.
BELTRAN Jacques alias « Lacenaire ». Ailier. Son verbe cinglant et son assurance détendue donnent de ce gendre idéal l’impression d’une impeccable dignité technocratique. Il est de ce genre qui sait se faire oublier, à l’écoute paisible d’une conversation de banquet, profitant d’une ponctuation salvatrice pour s’éclipser vers les toilettes. Sa démarche est aimable, son intention futile. Et c’est l’air de toujours rien qu’il vous défoncera le sternum si, sur sa route, vous avez l’idée saugrenue de porter un ballon sans être vêtu de gris violet. Sans de fâcher. Un esthète.
CONNESSON Sébastien alias « Crypton ». Arrière. Sa course altière et son goût de l’espace intersidéral en font une sorte d’extra-terrestre, pénétrant les lignes adverses de chevauchées anarchiques et échevelées. Aucun sadisme dans sa démarche mais une dangereuse constance à bombarder les planètes qu’il visite de météorites collatéraux. Independence Day.
ABBOU Alex alias « Surcouf ». Arrière. A en juger par son faciès de flibustier et ses appuis électriques, on jurerait une figurine de corsaire montée sur ressorts. Ce jouet là, pourtant, explose ses relances frénétiques à la face de l’adversaire médusé, pour ne finalement laisser, dans le sillage biscornu de sa course maritime, qu’un sol jonché de jambes irrémédiablement tordues par son art du contre-pied. Déconcertant.
APPERT Christophe alias « White Death ». Arrière. Cynique et froid, il frappe là où on ne l’attend pas. Ses courses chaloupées sont telles l’ondulation du requin blanc en eaux calmes, à la recherche d’un corps à décharner. Ne connaît ni la pitié, ni le remord. Un prédateur.

 

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